Nos actions
Axes d'interventions
L’ADFM agit concrètement pour promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes. Nous menons des campagnes de sensibilisation, organisons des ateliers et des débats publics pour informer et mobiliser la société. Nous accompagnons également les femmes dans leur autonomie économique et sociale, tout en menant un plaidoyer actif pour réformer les lois discriminatoires et renforcer la protection contre les violences basées sur le genre. À travers ces actions, nous transformons les engagements en résultats concrets et contribuons à bâtir une société plus juste et inclusive.
Programme de sensibilisation et information
Afin de renforcer ses actions de sensibilisation, d’information et de plaidoyer en faveur des droits des femmes, l’ADFM, avec le soutien de l’African Women’s Development Fund (AWDF), a initié la réalisation d’un film documentaire. Ce projet met en lumière les parcours de femmes confrontées aux discriminations de genre découlant du Code de la famille de 2004 ou de son application. À travers une série de récits authentiques, le documentaire aborde des enjeux cruciaux tels que l’héritage, la reconnaissance de la paternité, la tutelle légale ou encore le partage des biens.
Ce film a pour ambition de rendre visibles les souffrances vécues par les femmes et les enfants, tout en incitant les responsables politiques à prendre les mesures nécessaires pour garantir une égalité réelle, tant dans les lois que dans leur mise en œuvre.
Dans le cadre de son engagement pour la promotion d’un Code de la famille garantissant l’égalité et la justice sociale, l’ADFM a lancé, avec l’appui de l’African Women’s Development Fund (AWDF), un projet de production et diffusion d’un film documentaire. Ce projet, démarré en février 2025, vise à rendre visibles les discriminations que subissent les femmes en raison de certaines dispositions du Code de la famille ou de leur interprétation, à travers des témoignages poignants et authentiques.
Le film, d’une durée de 52 minutes, donne la parole à des femmes dont les trajectoires ont été profondément affectées par les inégalités juridiques en matière d’héritage, de tutelle, de reconnaissance de paternité ou encore de partage des biens.
Au-delà de la réalisation technique, le projet a inclus une stratégie de diffusion ambitieuse : avant-première, mobilisation de chaînes nationales, élaboration d’un kit de communication (teaser, dossier de presse, versions adaptées aux réseaux sociaux). Cette production, livrée avec sous-titrage en français et en anglais, constitue désormais un outil central dans le plaidoyer de l’ADFM pour une réforme législative juste et inclusive.
Réformes des lois discriminatoires et harmonisation législative
Le code pénal marocain criminalise l’avortement, sauf lorsque la grossesse constitue un danger pour la vie de la femme, et dans ce cas, l’autorisation de son mari est requise.
L’ADFM est membre fondateur de la Coalition « Printemps de la Dignité » (CPD), constituée en 2010 par des organisations de défense des droits des femmes et des droits de l’humains. Par le biais de cette coalition, l’ADFM et ses partenaires mèneront une campagne de plaidoyer pour influer sur la réforme du code pénale, ouverte actuellement, et ce, afin d’élargir l’accès à l’avortement sécurisé et supprimer les sanctions pénales pour celles qui y ont recours ou pour les professionnels qui le pratiquent.
Ainsi, dans le cadre de la coalition « Printemps de la Dignité », des actions de plaidoyer seront développées par l’ADFM et ses partenaires, en vue d’une réforme globale du code pénal, en particulier les articles liés à l’avortement, pour qu’ils soient conformes aux normes internationales telles que définies par l’OMS.
Tout d’abord ce projet a permis la consolidation de la Coalition Printemps de la Dignité(CPD) actuellement coordonnée par l’ADFM.
Bien que le code pénal ne soit pas encore ouvert à la réforme, la Coalition Printemps de la Dignité, poursuit son plaidoyer pour la réalisation de cette réforme.
Suite à un séminaire international sur « Le Paradoxe de l’interruption médicale de grossesse entre code pénal et droit à la santé », la CPD dispose de recommandations pour une réforme globale du code pénal et la dépénalisation de l’avortement lorsque la grossesse constitue un danger pour la santé physique, psychique ou sociale de la femme, conformément à la définition de l’OMS
En réaction aux jugements très allégés prononcés contre trois prévenues ayant violé à répétition une fillette de 11 ans devenue mère à 12 ans, la CPD, indignée a entrepris une série d’actions : lancement le 30 mars 2023, du Hashtag #c’est quoi cette justice ? suivi d’un appel à un sit-in le 5 avril 2023 à 14 heures devant la Cour d’Appel, à la veille du procès en appel. Cet appel a été publié sur les réseaux sociaux le 1er avril et largement partagé, ce qui a entrainé une grande mobilisation. Le lundi 3 Avril, une lettre ouverte a été adressée au Ministre de la Justice, au Président du Ministère Public et au Président délégué du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire pour les interpeller quant à la protection des femmes et des filles contre les violences sexuelles et pour appeler à la réforme globale et radicale du code pénal et code de la procédure pénale.
Le résultat de ces actions c’est que les peines prononcées contre les trois hommes ont été bien alourdies.
Programme de renforcement de capacités
Women’s Learning Partnership est un réseau de 20 organisations autonomes de défense des droits des femmes situées dans le Sud global, qui promeut le leadership des femmes, l’engagement civique et les droits humains. Nous sommes une organisation internationale à but non lucratif et non gouvernementale, ayant le statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social (ECOSOC) des Nations Unies.
Women’s Learning Partnership aide les individus et les organisations à atteindre leur potentiel pour promouvoir l’avancement des femmes. Les programmes de formation, les campagnes de plaidoyer, la recherche et les publications de WLP touchent chaque année des dizaines de milliers de femmes et d’hommes.
L’ADFM est partenaire de WLP depuis 2000. Les partenaires de WLP sont la force motrice derrière tous les programmes de WLP. Ils définissent les paramètres de notre plaidoyer, conçoivent nos activités, examinent et affinent nos outils d’apprentissage, et soutiennent nos vastes réseaux de campagne à travers le monde.
Depuis 2000, l’ADFM a mis en œuvre plus de 400 ateliers de formations et de formations de formatrices sur des thèmes aussi variés que :
La promotion du leadership pour encourager les femmes à prendre des rôles de leadership avec des méthodologies inclusives et participatives, découvrant ainsi leur potentiel et l’impact positif sur leurs communautés.
La mobilisation de la participation politique pour offrir des opportunités de réseautage pour soutenir l’action politique des femmes, en mettant l’accent sur les droits des femmes et la justice.
Le plaidoyer pour les droits de l’homme pour sensibiliser aux droits des femmes, influencer les politiques et soutenir des campagnes de justice de genre à divers niveaux.
La lutte contre la violence envers les femmes pour changer les perceptions et lois relatives à la violence basée sur le genre, à travers des ateliers et des campagnes.
Le renforcement de la société civile pour soutenir des institutions libres et démocratiques.
L’engagement des jeunes pour promouvoir le changement social et défendre leurs droits.
Près de 400 ateliers de formations et de formations de formatrices et de 10.000 bénéficiaires direct.e.s du programme de renforcement des capacités.
Code pénal
Dans sa stratégie de plaidoyer en faveur de la réforme des lois discriminatoires, l’ADFM a rapidement porté son attention sur le Code pénal promulgué en 1962. Pour cela, elle a
entrepris l’élaboration de trois études analytiques :
– Les discriminations à l’égard des femmes dans la législation pénale marocaine en 2001.
– Lecture dans le Code pénal : Pour une législation pénale qui protège les femmes contre la
discrimination et la violence. Elle a été réalisée en partenariat avec l’association Marocaine de
défense des droits des femmes (AMDF) en 2010, puis actualisée en 2012. Cette étude a
montré la nécessité d’une refonte du Code pénal et Code de la procédure pénale.
– Etude analytique de l’avant-projet du Code pénal d’un point de vue genre, effectuée par l’ADFM en avril 2016.
Depuis 2010, l’ADFM s’est engagée dans un mouvement de plaidoyer mené au sein de la coalition « Printemps de la Dignité » pour une législation qui protège les femmes contre la violence et prohibe la discrimination. Cette coalition a été initiée par l’ADFM, qui est également membre fondatrice et fait partie de son comité de suivi depuis sa création. Elle a assuré la coordination de la coalition pendant plusieurs mandats. Ainsi, l’ADFM a contribué activement à tout le travail mené au sein de la coalition, dont :
– L’élaboration d’outils de plaidoyer :
– Etudes :
• Lecture analytique et critique du projet de loi 103.13 relatif à la lutte contre la violence à
l’égard des femmes – Novembre 2013
• Lecture analytique critique de l’avant-projet de loi n° 18.01 relatif au code de procédure
pénale – Octobre 2023
– Mémorandums
• Mémorandum Pour une législation pénale qui protège les femmes contre la violence et prohibe la discrimination – Juillet 2011
• Mémorandum revendicatif pour la réforme du système de la justice : Pour un système de la justice qui garantit aux femmes leurs droits et libertés, les préserve de la violence et lutte contre la discrimination basée sur le sexe – Juin 2013
• Mémorandum pour une loi qui élimine la violence contre les femmes – Janvier 2014
• Mémorandum Pour le Droit à l’Interruption Volontaire de la Grossesse – Avril 2015
• Mémorandum revendicatif relatif au projet de loi 10.16 modifiant et complétant le code
pénal – 2020
• Mémorandum sur l’avant-projet de loi n° 18.01 relatif au code de procédure pénale –
Octobre 2023
La coalition a également élaboré deux mémorandums sur le code de la famille :
• Mémorandum sur le mariage des mineurs (Juin 2014)
• Mémorandum relatif à la proposition de loi visant la modification de l’article 16 de la loi 70.03 portant code de la famille (Janvier 2015)
– Organisation de campagnes de sensibilisation et de communication à travers des manifestations publiques :
-Une chaîne humaine de femmes victimes de violences (2012),
-Une marche blanche à la mémoire des victimes de féminicide (2013),
-Une marche orange (2014),
-Plusieurs sit-in nationaux devant le parlement et régionaux devant les tribunaux.
Quant aux acquis suite au travail de plaidoyer, on peut citer :
Les amendements portés au Code pénal en 2003 :
– Criminalisation du harcèlement sexuel effectué par le supérieur hiérarchique sur les lieux de travail
– Aggravation de la peine en cas de coups et blessures portés sur une femme
– L’abrogation des articles 494, 495 et 496 du Code pénal en 2013 et de l’alinéa 2 de l’articles 475 en 2014 suite à une mobilisation de la société civile après le suicide de Amina Filali (jeune fille de 16 ans contrainte d’épouser son violeur)
– Adoption de la loi 103.13 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes (22 février 2018)
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WAQF ET DROITS DES FEMMES : UN ENJEU MAJEUR DE JUSTICE SOCIALE
LES SOULALIYATES : UN COMBAT EMBLÉMATIQUE POUR L’ÉGALITÉ FONCIÈRE
L’accès des femmes aux terres collectives constitue un enjeu central de justice sociale et d’égalité économique au Maroc. Longtemps exclues de la jouissance et de la gestion de ces terres, les femmes Soulaliyates ont été confrontées à une discrimination structurelle fondée sur le genre, les privant d’un droit fondamental et limitant leur autonomie économique.
Pendant des décennies, les usages coutumiers ont restreint l’accès aux terres collectives aux seuls ayants droit masculins, reléguant les femmes Soulaliyates à une invisibilité juridique et sociale. Cette exclusion a eu des conséquences profondes sur leurs conditions de vie, leur sécurité économique et leur capacité à participer pleinement au développement local.
L’Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM) a joué un rôle déterminant dans la mise en lumière de cette injustice. À travers un plaidoyer de longue haleine, conjuguant actions de terrain, accompagnement juridique, formations, mobilisations communautaires et interpellation des pouvoirs publics, l’ADFM a contribué à une avancée historique : la reconnaissance du droit des femmes Soulaliyates à la jouissance et à la compensation liées aux terres collectives.
Ce combat n’a pas été mené uniquement dans les sphères institutionnelles. Il s’est construit au plus près des femmes concernées, en renforçant leurs capacités, en soutenant leur organisation collective et en valorisant leurs voix dans l’espace public. Les femmes Soulaliyates sont ainsi passées du statut de victimes invisibles à celui d’actrices centrales de leur propre lutte.
Si des progrès significatifs ont été réalisés, des défis persistent, notamment en matière d’application effective des textes, de gouvernance locale et de sécurisation des droits acquis. L’ADFM poursuit son engagement pour une égalité réelle et durable, en veillant à ce que les avancées juridiques se traduisent concrètement dans la vie des femmes.
Le combat des Soulaliyates demeure un symbole fort : celui d’une lutte collective qui a transformé une revendication locale en une cause nationale, et qui rappelle que l’égalité foncière est indissociable de la citoyenneté pleine et entière des femmes.
